Pierre-Elie de Pibrac « Hakanai Sonzai »
- Exposition
- Lieu Galerie le Château d'Eau
-
Public
- Tout Public
- À partir de 5 ans
- Tarif 5€ - 3€ - Gratuit
Cette exposition propose une vision sensible du Japon à travers un ensemble de portraits couleur, de paysages et de natures mortes noir et blanc aux allures d’estampes.
Vernissage le jeudi 4 juin à 18h30 au Château d'Eau
Hakanai Sonzai signifie en japonais « je me sens moi-même une créature éphémère ». Dans ce travail, l’artiste s’attache à décrire le sentiment d’impermanence qui imprègne la culture japonaise, dans une société qui a forgé des règles collectives exigeantes afin de faire face à l’hostilité d’une nature qui impose sa loi.
Poursuivant un travail photographique anthropologique initié à Cuba*, Pierre-Elie de Pibrac se rend au Japon en 2020 ; pays qui a connu le terrible tsunami de Fukushima et où les habitants se livrent peu sur leurs émotions, leurs inquiétudes psychiques et intimes. Prolongeant une démarche initiée dès 2016 sous forme d’enquête immersive, l’artiste entreprend d’aller à la rencontre d’individualités cherchant à exprimer la singularité d’une histoire personnelle par le biais de leur participation au projet photographique : yakuzas, rescapés de Fukushima, hikikomori (personnes vivant coupées du monde et des autres, souvent cloîtrées et réfugiées dans leur chambre) ou « évaporés » ayant opté pour une disparition volontaire…
Lors de ce long périple, le photographe saisit des instants de vie : les Japonais sont au cœur des dérives de l’anthropocène, sujet brûlant de nos sociétés modernes. Réalisés à la chambre – mode de prise de vue hérité des origines de l’invention du médium –, ses portraits résultent de rencontres durant lesquelles, à rebours du geste furtif du reporter, hommes et femmes, adolescents et adultes se livrent sur leur histoire personnelle, leur fragilité, leurs inquiétudes existentielles. Doucement, on entre dans la vie de chacun d’eux, chacun est devenu un personnage qui exprime la fuite du temps, la difficulté d’être au monde, une certaine mélancolie.
Pays où la pression sociale et l’exigence du paraître influent fortement sur l’identité de la personne, mais aussi pays où les forces aléatoires de la nature, avec ses séismes terrestres et marins récurrents, le Japon a développé depuis des siècles le concept de mono no aware, une sensibilité pour l’éphémère, une perception aiguë de la vanité et de l’impermanence des choses.
L’exposition entremêle portraits en grands formats, tous pris dans des décors et lumières naturels, et photographies noir et blanc inspirées de la tradition japonaise de l’Ukiyo-e, art subtil de l’encre et des gravures sur bois. Les images de Pierre-Elie de Pibrac nous immergent dans la profondeur de la culture et l’esthétique japonaises, donnant à voir, en creux, la fragile beauté de notre condition humaine.
*série Desmemoria exposée à la Chapelle des Cordeliers (Toulouse) du 5 juin au 5 juillet 2026
