Prix Photo Sociale 2026
- Exposition
- Lieu Galerie le Château d'Eau
-
Public
- Tout Public
- À partir de 10 ans
- Tarif 5€ - 3€ - Gratuit
Les lauréats du Prix Photo Sociale 2026, François Le Guen, Grand Prix - Naïma Lecomte - Prix Spécial du jury et Valérie Horwitz, Prix Nouveau Regard, dans le cadre du festival de photo MAP Toulouse.
VERNISSAGE jeudi 10 septembre à partir de 18h en présence des lauréats
Le Château d’Eau est heureux d’accueillir les trois lauréats du Prix Photo Sociale 2026, François Le Guen, Grand Prix, avec sa série «La longue saison» qui documente avec pudeur le quotidien de personnes exclues au coeur d'un lieu refuge propice à leur reconstruction. Naïma Lecomte, Prix Spécial du jury, pour la série «Faucon» une immersion lumineuse auprès d'adolescents issus de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), dont le parcours croise celui d'une bergerie en milieu rural., et Valérie Horwitz, avec «In Between», Prix Nouveau Regard Photo sociale pour son travail sensible aux côtés de jeunes filles incarcérées. À travers son objectif, elles bravent la privation de liberté pour exprimer leurs sentiments et leur intériorité.
Le Château d’Eau se réjouit cette année encore de ce partenariat avec le Prix Photo Sociale débuté en 2021
Création de 2 nouveaux prix : Prix Spécial du jury et Prix Nouveau Regard pour cette 6ème édition du Prix Photo Sociale
Derrière les chiffres de la pauvreté en France — neuf millions de personnes touchées, deux millions dans l’extrême dénuement et plus de 300 000 à la rue — se cache une réalité humaine, souvent occultée par l'habitude et l'indifférence.
Pour contrer ce silence visuel, il est vital de raviver les consciences et de redonner de la dignité à ces visages ignorés.
En fondant le Prix Photo Sociale, l’ambition était claire : faire de la photographie un pont vers l'engagement solidaire. Ce prix invite à s'arrêter sur les réalités de la précarité et de la vulnérabilité.
Une image forte a ce pouvoir unique : elle questionne, elle dérange parfois, mais elle touche toujours au coeur. Nous continuons, année après année, à valoriser le travail de photographes engagés qui documentent avec pudeur et sensibilité ces humanités fragiles.
Ce prix Nouveau Regard vise en particulier à mettre en avant le travail d’une photographe qui a choisi un traitement original et qui « décale » notre manière de voir l’exclusion, permettant ainsi un changement de regard du spectateur. E. Fagnou, fondateur du Prix
François Le Guen, Grand Prix, «La longue saison»
Quelque part en Provence, un hameau isolé abrite une communauté offrant refuge à des parcours de vie fragilisés ou marginalisés : personnes en rupture sociale ou personnelle, en sevrage, sans abri, ou en errance de longue durée. Ce lieu constitue une forme d’abri lorsque toute autre alternative semble compromise. L’accueil y est inconditionnel, sans limite de temps.
Depuis plus de cinquante ans, celles et ceux qui s’y arrêtent reconstruisent le lieu à mesure qu’ils se reconstruisent eux-mêmes. La diversité des âges, des origines et des parcours se fond dans l’effort collectif. Chacun oeuvre de ses mains à son propre équilibre et à celui du groupe : travaux agricoles et forestiers, tâches d’intendance, vie communautaire. Saison après saison, certains repartent, d’autres restent ou reviennent, portés par le désir de transmettre ce qui les a sauvés.
Cette série photographique est le fruit d’un travail mené entre 2023 et 2026 au sein de la communauté. Les images y circulent : elles sont vues, discutées, conservées, envoyées à des proches. Lorsque l’anonymat est souhaité, il ouvre une réflexion partagée autour du portrait.
Les témoignages recueillis occupent une place dans le projet éditorial à venir. Ils entrent en résonance avec les photographies, révélant autant les enjeux personnels que les tensions et les forces qui animent cette microsociété. « Ecorchés. On est tous écorchés. On doit trouver le moyen d’aller de l’avant, comme ‘L’Homme qui marche ’de Giacometti… Même s’il a des jambes très frêles, il avance, il continue d’avancer. » M.
La Longue Saison est le récit photographique de cette quête de reconstruction collective : un témoignage de ce qui se joue ici, en marge des institutions, où chacun tente de retrouver une présence à soi et au monde.
Cette série a reçu le Prix du Public et le Prix du Jury du Festival de Pierrevert, et a été finaliste du Prix QPN et du prix RPBB 2026.
Naïma Lecomte, Prix spécial du jury «Faucon »
Depuis 2022, la photographe se rend régulièrement à la Bergerie de Faucon, un lieu qui accueille sept adolescents confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Beaucoup ont connu des parcours instables, entre placements successifs et ruptures.
À Faucon, ils trouvent un cadre stable, rythmé par la ferme pédagogique créée par Guy Gilbert dans les années soixante-dix. Avec ses cent animaux, elle structure le quotidien et invite à prendre soin de l’autre, à se responsabiliser et se reconstruire. Et souvent, quand la relation aux adultes est abîmée ou compliquée, ce lien plus simple avec les animaux permet de recréer quelque chose, doucement.
Le travail de Naïma Lecomte se concentre sur le quotidien des jeunes, les gestes, les regards et les moments en creux. La photographie vient alors comme un léger arrêt dans le rythme du quotidien, une façon de prendre le temps. Loin de retracer leur histoire ou de documenter le foyer de manière exhaustive, la photographe s’attache à ces moments d’attention, de doute ou de confiance, où l’identité de chacun se construit au fil des jours.
Les images circulent aussi dans le lieu de vie : imprimées dans les chambres ou dans les carnets de chacun, elles deviennent des traces concrètes de leur quotidien et des moments partagés. Elles offrent un autre regard sur eux-mêmes, en dehors des récits négatifs qui les précèdent, et accompagnent discrètement le travail éducatif.
Cette série a été finaliste du Prix Révélation SAIF × La Kabine (2024) et du PhMuseum Women Photographers Grant (2023) et a reçu une mention honorable au Prix Émergence Photographie Documentaire de la Lucie Foundation (2023). Ce travail a également bénéficié du soutien de la DRAC PACA à travers le dispositif Rouvrir le Monde en 2022 et 2023.
Valérie Horwitz, Prix nouveau regard, « In between »
Cette série est un travail avec et sur des jeunes filles mineures dans deux centres pénitentiaires en France. La maison d’arrêt et la prison sont des lieux où presque tous les mouvements sont suspendus ; où les droits et les possibles sont réduits. Ces institutions, outre leurs missions affichées de normalisation et de réinsertion, ont aussi pour fonction tacite d’exclure ces personnes de nos sociétés et de nos regards. Pour être active, Valérie Horwitz aime à rappeler Foucault qui indique que « la prison transforme une personne en type d’individu » : un délinquant et un numéro d’écrou.
Pour être photographiées, ces personnes ne doivent être ni identifiables, ni reconnaissables. Seuls leurs corps peuvent manifester, signifier ou témoigner de ce que la prison fait au corps et à l’esprit. Il y a là une suspension du droit à l’image contre leur volonté et par extension, du droit de s’appartenir.
Ce projet, constitué en deux volets, a été réalisé au centre pénitentiaire des Baumettes à Marseille et à l’Etablissement pour mineurs (EPM) mixte de Lavaur 1.
Ce travail a été réalisé avec le soutien du CNAP pour la photographie documentaire. Le premier opus a été édité par Owl’s éditions. Enfin, une résidence à La compagnie (lieu de création à Marseille) lui a permis de travailler sur la mise en espace de ces images et sur la relation d’échelles des tirages entre eux.
